| Quelles limites à la croissance économique? |
| Société Civile et subsidiarité chez Benoît XVI |
| L'Enseignement chrétien et le syndicalisme |
| Lettre Pastorale 2010 |
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C’est à vous spécialement que je voudrais adresser cette lettre pastorale. Etre parents est pour vous une grande joie. C’est aussi une mission, une belle mission qui a un rôle capital pour l’avenir de notre pays. En effet, la bonne santé de notre société dépend beaucoup de votre capacité de transmettre à vos enfants les valeurs qui font le ciment de la nation mauricienne. Transmettre ces valeurs ne va pas de soi aujourd’hui. Le climat social ne favorise pas une saine transmission. Dans le monde, la crise financière et la crise écologique ne sont que des manifestations d’une crise plus profonde, causée par la course aux gains individualistes et immédiats aux dépens d’une adhésion aux valeurs qui garantissent le bien commun et un développement durable. A Maurice, les scandales et les complots qui ont émergé dans l’actualité récente sont les signes d’une société malade parce qu’elle se nourrit de moins en moins des valeurs qui lui donnent sa dignité. Et puis, il y a « ce phénomène d’une jeunesse qui, tout en ayant soif d’authenticité, est comme aspirée par l’attrait irrésistible d’une nouvelle culture mondialisée, qui les conduit à adopter un style de vie et de loisir étranger aux valeurs de leurs parents. Ceux-ci sont déroutés par les réactions et les exigences de leurs enfants. Ils ont l’impression qu’ils ne parlent plus le même langage, qu’ils n’ont plus les mêmes repères. Cette difficulté n’est pas le fait de certains milieux seulement. Elle traverse l’ensemble de la société mauricienne. En réalité, nous sommes devant un phénomène de rupture sociale qui touche le nerf principal de la culture : la transmission »[1]. Ce difficile travail de transmission concerne tous les adultes d’une génération donnée. Que l’on soit parent ou enseignant, prêtre, religieux ou travailleur social, professionnel ou artisan, fonctionnaire ou laboureur, chacun de nous est appelé à prendre sa part de responsabilité pour initier les jeunes générations. Cette initiation concerne non seulement le savoir, la technicité d’un travail ou d’une profession, mais surtout le savoir vivre et les valeurs dont dépend la réussite de toute société. Vous les parents, vous êtes en première ligne. C’est surtout au sein de vos familles, dans le quotidien de la vie, que se déploie cette initiation à la foi et aux valeurs. Vous méritez vraiment que l’on s’intéresse à vous, qu’on comprenne vos difficultés et qu’on vous soutienne. Déjà beaucoup d’entre vous, vous posez des questions sur la meilleure façon d’assumer votre rôle de parent. Comment, à la fois, comprendre vos enfants et partager avec eux quelque chose de votre foi et de vos valeurs ? Comment à la fois respecter et éduquer la liberté de vos enfants ? Vous cherchez alors des lieux pour en parler, pour réfléchir à vos responsabilités, pour être soutenus et éclairés. Cette recherche, cette soif, témoignent d’un réel « réveil des parents ». Pour l’Eglise, ce « réveil » est un signe des temps : un signe à la fois porteur d’espérance et qui interpelle. Ainsi, depuis quelque temps, plusieurs paroisses, écoles ou mouvements diocésains ont pris l’initiative d’aller à la rencontre des parents et de leur proposer des lieux de réflexion et de formation. Même si vous êtes souvent pris dans le tourbillon d’une vie trépidante, vous restez désireux d’approfondir l’héritage de foi et de valeurs que vous avez reçu comme enfant, afin de pouvoir le transmettre à vos enfants de manière responsable. Votre soif nous rappelle que ce n’est pas d’abord aux parents à « venir vers l’Eglise » pour l’aider à faire fonctionner ses institutions ; mais que c’est plutôt l’Eglise institutionnelle qui, à travers ses divers responsables, doit « aller vers les parents » à la base, écouter leurs besoins pour se mettre vraiment à leur service. C’est pourquoi, cette année, je voudrais vous proposer de réfléchir sur votre vocation de parents. Je dis bien « vocation » car, au-delà des tâches à accomplir, « être parent » est un rôle que vous êtes appelés à assumer de tout votre cœur, un état de vie permanent où il s’agit de se donner soi-même – de donner sa vie. |
| Lectio Divina pour l’Evangile du dimanche 29 août 2010 |
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